Le travail peu qualifié est en train de fondre comme neige au soleil, et la raison, ce sont des avancées technologiques ! La généralisation de l’utilisation des robots va faire disparaître de très nombreuses tâches répétitives. Est-ce une bonne nouvelle ? C’est à nous, citoyen.nes, d’en décider. Au sein de la primaire de la gauche, Benoît Hamon défend le projet ambitieux d’un Revenu Universel d’Existence.

La raréfaction des emplois et la tentation du repli identitaire

Nous avons déjà évoqué, ici et , les raisons pour lesquelles de nombreux postes de travail, en particulier les tâches répétitives et peu qualifiées, ainsi que les métiers liés au transports (les voitures autonomes arrivent!), sont amenés à pratiquement disparaître dans les prochaines années. Et, bien que les pays en voie de développement soient les plus touchés, ils sont loin d’être les seuls. Il s’agirait potentiellement de plus de la moitié des emplois dans les pays de l’OCDE, selon une étude de l’université d’Oxford. Cette perspective est, on le comprend, source d’angoisse pour une majorité de la population. En effet, l’une des principales préoccupations des français.es est de se retrouver au chômage, et, in fine, sans domicile. La centralité du travail est telle dans notre société que les personnes ayant un emploi sont prêtes à tout pour le garder, au risque de s’épuiser et d’y perdre leur santé, alors que celles qui n’en ont pas se sentent inutiles et se dépriment.

Force est de constater que, tristement, cette peur du chômage, du déclassement social et de la pauvreté alimente le soutien à des politiques xénophobes et racistes, d’où la présence quasi-certaine du Front National au deuxième tour de l’élection présidentielle. Au lieu d’expliquer les enjeux de cette situation complexe, ces politiciens font croire aux classes populaires que la raison de l’augmentation du chômage serait une invasion d’immigrés de pays pauvres, et qu’il suffirait de fermer les frontières et d’expulser les immigrés pour revenir au plein emploi.

Face à ce repli identitaire, il est urgent de proposer une vision d’avenir, qui regarde la réalité en face et propose des solutions progressistes et inclusives. Et c’est là qu’intervient l’idée du revenu universel! Si la société n’est plus à même d’offrir du travail à tout le monde, il est temps de de cesser de subordonner la perception d’un revenu d’existence au travail.

De quel revenu universel parle-t-on exactement?

Reste que l’idée de revenu universel peut recouvrir des projets très différents. En effet, selon le montant fixé, son mode de financement, et le fait qu’il supprime ou non le droit aux aides déjà existantes, le revenu universel peut être considéré comme une mesure progressiste visant à autonomiser les travailleurs par rapport à leurs employeurs, ou plutôt comme une mesure très libérale, si elle remplace tous les mécanismes de solidarité et délègue au secteur privé la gestion des risques de la vie sous forme d’assurances. C’est ce que préconisait l’ultra-libéral Milton Friedman il y a plusieurs décennies. Où se situe la proposition de Benoît Hamon?

Dans une interview à Médiapart , il définit son projet comme un moyen d’anticiper la raréfaction du travail, et de donner plus d’autonomie aux salarié.es par rapport à leurs employeurs. Il s’agit donc clairement d’une option progressiste. Elle nous  permettrait de refuser ce que l’anthropologue états-unien David Graeber appelle les « bullshit jobs », ces emplois inutiles voire nocifs pour la société, qui sont à l’origine d’une perte de sens pour les jeunes générations. Il donnerait alors aux citoyen.nes beaucoup plus de liberté pour décider du sens à donner à leurs vies. Les activités à caractère social, artistique, culturel, écologique, ne manquent pas ! Une telle mesure permettrait d’encourager le bénévolat dans diverses associations, la création de projets locaux dans les quartiers et dans les villages.

Concrètement, l’instauration de cette mesure se ferait en plusieurs étapes : elle commencerait par la revalorisation du RSA à 600 euros, son obtention automatique pour tous les ayants-droits, sans la nécessité de faire de longues démarches comme aujourd’hui, et l’élargissement de sa distribution aux 18-25 ans, ce qui leur permettrait de faire leurs études sans avoir la nécessité de faire des petits boulots. Enfin, une conférence citoyenne se tiendrait afin de définir les modalités concrètes de la mise en place du Revenu Universel d’Existence, dont Benoît Hamon suggère que le montant soit fixé à 750 euros à terme. Certes, c’est en deçà du seuil de pauvreté, comme le remarque le Mouvement Français pour un Revenu de Base, mais il s’agit tout de même à ce jour de la proposition la plus progressiste dans ce domaine.

Comment financer une telle mesure ? Le candidat à la primaire propose d’individualiser l’impôt sur le revenu, de le rendre plus progressif, mais également de taxer la plus-value créée par les robots et de lutter contre l’évasion fiscale.

Cette proposition audacieuse a permis à Benoît Hamon de se démarquer des autres candidats. Un sondage paru aujourd’hui atteste de la percée de Benoît Hamon, qui se retrouverait maintenant au coude à coude avec Arnaud Montebourg pour la deuxième place.

Face à la perspective d’un deuxième tour droite-extrême droite, nous pensons à Mindful News qu’un projet réellement social et progressiste, adapté aux enjeux du monde actuel, représente la meilleure alternative, c’est pourquoi nous vous invitons à connaître le programme de Benoit Hamon, et à vous renseigner sur les bureaux de vote les plus proches de chez vous. Chaque voix comptera ce dimanche, espérons que, de même que la primaire de droite s’est gagnée très à droite, la primaire de gauche fera émerger un projet progressiste crédible et ambitieux.

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Primaire de la gauche: Benoit Hamon propose un revenu universel
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