Comment (et pourquoi) SpaceX va coloniser Mars

Par Tim Urban, de WaitButWhy.com, traduit en français par Mindful News avec autorisation.

Note de Mindful News : malgré les succès récents de SpaceX, la plupart des gens ne connaissent pas l’histoire de cette entreprise et de ses motivations. Cet article d’un blog américain est l’un des plus fournis et agréables à lire sur le sujet. Nous avons conscience que la politique de SpaceX est discutable, et les vues exposées dans cette traduction ne sont pas celles de Mindful News. Ce sujet fait partie des nombreux changements historiques que nous vivrons probablement dans les années à venir, et Mindful News a pour vocation de les traiter avec un regard optimiste et réaliste. C’est exactement ce que fait cet article.

Table des matières

  • Partie 1 : L’histoire des humains et de l’espace
  • Partie 2 : La Mission de Musk
  • Partie 3 :  Comment coloniser Mars
Phase 1 : Parvenir à envoyer des choses dans l’espace

 

Phase 2 : Révolutionner le coût du voyage spatial

 

Phase 3 : Coloniser Mars

An 2365, Ganymède

Plus qu’un jour avant le départ. C’était tellement surréaliste d’imaginer être là-bas qu’elle ne pouvait toujours pas vraiment croire que cela arriverait. Toutes ces choses dont elle avait entendu parler : des bâtiments construits des centaines d’années avant qu’un premier humain pose le pied sur Ganymède, des animaux de la taille d’une maison, des océans de la taille de son monde entier, des plages tropicales, le célèbre ciel bleu, le soleil géant si près qu’il peut brûler la peau, et le plus étrange : pas de Jupiter planant au-dessus de sa tête. Ayant vu tout cela dans tellement de films, elle avait l’impression de visiter un studio de cinéma mythique. C’était trop pour être assimilé en une fois. Pour le moment, elle allait se concentrer pour être sûre d’avoir tout ce dont elle avait besoin et dire au revoir à tout le monde. Elle ne reverrait pas ses proches avant un moment…


Partie 1 : L’histoire des humains et de l’espace

Il y a environ six millions d’années un très important spécimen de grand singe femelle a eu deux enfants. L’un d’eux allait devenir l’ancêtre commun de tous les chimpanzés. L’autre allait donner naissance à une lignée qui finirait un jour par inclure l’espèce humaine toute entière. Alors que les descendants de son premier enfant présentaient une apparence simiesque plutôt normale, la lignée du second a évolué avec le temps de façon assez étrange. Pour ceux qui ne connaissent pas Wait But Why, les cercles bleus (comme celui-ci) sont intéressants à ouvrir. Ils contiennent des trucs rigolos, des pensées, des citations supplémentaires de mes conversations avec Musk, et des explications détaillées… Les carrés gris sont ennuyeux, du coup logiquement, si tu cliques dessus, tu vas t’ennuyer… C’est pour les sources et les citations.

On ne sait pas vraiment pourquoi, mais au cours des six millions d’années qui ont suivi, les ancêtres de notre lignée ont commencé à faire quelque chose qu’aucune créature de la Terre n’avait jamais fait auparavant : ils se sont réveillés.

Cela s’est passé progressivement au travers de milliers de générations, de la même façon que votre cerveau se remet lentement en marche durant quelques secondes lorsque que vous émergez du sommeil. Mais, alors que la clarté augmentait graduellement, nos ancêtres commencèrent à regarder autour d’eux et, pour la toute première fois, s’émerveillèrent.

Sortant d’un rêve de 3,6 milliards d’années, la vie sur Terre connut ses premières interrogations.

Quelle est cette grande pièce dans laquelle nous sommes, et qui nous a mis là ? Quel est ce cercle jaune et brillant au plafond et où va-t-il chaque nuit ? Où l’océan finit-il et que se passe-t-il quand on arrive là-bas ? Où sont tous les gens morts maintenant qu’ils ne sont plus ici ?

Nous avions découvert le grand roman à suspens de notre espèce, Où sommes-nous ?, et nous voulions apprendre à le lire.

Alors que la lumière de la conscience humaine grandissait encore et encore, nous avons commencé à formuler des réponses qui donnaient l’impression d’être sensées. Peut-être que nous nous trouvions sur un disque flottant, et peut-être que ce disque était posé sur le dos d’une tortue géante. Peut-être que les minuscules trous de lumière qui apparaissaient au-dessus de nous la nuit nous donnaient un petit aperçu de ce qui se trouvait au-delà de cette grande pièce, et peut-être que c’était là-bas que nous allions quand nous mourions. Peut-être que si on arrivait à trouver l’endroit où le plafond touche le sol, on pourrait passer notre tête à travers et voir plein de trucs super fun de l’autre côté.Image: Wikimedia Commons

Il y a environ 10 000 ans, des tribus humaines isolées ont commencé à fusionner entre elles et à former les premières villes. Dans de plus larges communautés, les gens ont pu commencer à discuter entre eux autour de ce mystérieux roman que nous avions trouvé, en comparant les notes prises par chaque tribu et au cours des générations. Comme les techniques d’apprentissage devenaient plus sophistiquées et que les indices s’accumulaient, de nouvelles découvertes ont vu le jour.

Le monde était apparemment une balle, et non un disque. Ce qui signifiait que le plafond était une plus grande sphère qui nous entourait. La taille des autres objets flottant dans cette sphère avec nous, et les distances entre eux, étaient bien plus grandes que tout ce qu’on avait pu imaginer. Et puis, un truc perturbant :

Le Soleil ne tournait pas autour de nous. Nous tournions autour du Soleil.

C’était une découverte super désagréable, froide et rêche. Pourquoi diable n’étions-nous pas le centre des choses, nom de Dieu ! Qu’est-ce que cela voulait dire ?

Où sommes-nous ?

La sphère était déjà désagréablement grande – si nous n’étions pas au centre, est-ce que nous nous trouvions juste sur n’importe quelle boule à l’intérieur de la grande sphère, sans raison particulière ? Était-ce réellement possible ?

Effrayant.

Et puis c’est devenu pire.

Tout d’un coup, il apparaissait que les minuscules trous de lumière sur le bord de la sphère étaient en fait d’autres soleils semblables au nôtre. Et ils flottaient exactement comme notre Soleil, ce qui voulait dire que nous n’étions pas du tout à l’intérieur d’une sphère. Non seulement notre planète n’était pas le centre des choses, mais même notre Soleil était juste une entité quelconque, au milieu de nulle part, entourée de rien.

Effrayant.

Notre Soleil s’avéra un tout petit morceau d’un ensemble bien plus grand. Un immense et magnifique nuage de milliards de soleils. Le grand tout.

Nous avions au moins cela. Jusqu’à ce que nous réalisions que ce n’était pas le tout, mais en fait juste ça :

Obscurité.

Plus nos outils et notre compréhension s’amélioraient, plus ou pouvait dézoomer, et plus on dézoomait, plus c’était pourri. Nous étions en train de déchiffrer les pages de “Où sommes-nous ?” à nos risques et périls, et nous avions déchiffré jusqu’à tomber nez à nez avec la réalité : nous étions incroyablement seuls, vivant sur une île solitaire, située sur une autre île solitaire, elle-même au sein d’une plus grande île solitaire, etc. Noyés dans des couches d’isolements, avec personne à qui parler.

C’est notre situation.

Dans le 1% le plus récent de notre courte existence en tant qu’espèce, nous sommes devenus les premiers êtres sur Terre à connaître la Situation ; et depuis lors, nous sommes plongés dans une crise existentielle collective.

Tu ne peux vraiment pas nous en vouloir. Imagine ce que ça fait de ne pas connaître l’existence de l’univers et de soudain réaliser que l’univers existe. C’est un truc vraiment gros à avaler.

La plupart d’entre nous gèrent la situation en vivant dans une agréable illusion, en faisant semblant de croire que nous vivons dans un monde rempli d’une infinité de couleurs et de douce chaleur. Nous sommes comme ce type-là qui fait tout ce qu’il peut pour ignorer la Situation.GIF: http://acciolacquer.com/swatches/glam-polish-youre-never-too-old-to-be-young-pt-1/

Et notre meilleur allié pour faire ça? Le grand ciel bleu. Le ciel bleu donne l’impression qu’il a été inventé pour aider les humains à prétendre que la Situation n’existe pas. C’est la parfaite toile de fond fantaisiste qui nous protège de la réalité.

Puis la nuit arrive, et la Situation est là, qui nous regarde droit dans les yeux.

Ah ouais …

Ce petit manège “La li la  ♫ ”  →  Ah ouais…  → “La li la  ♫ ”  →  Ah ouais…, plutôt psychotique a constitué pendant la majeure partie de l’histoire récente notre seule relation avec la Situation.

Mais dans les 60 dernières années, cette relation a évolué jusqu’à atteindre un niveau nettement supérieur. Durant la Seconde Guerre mondiale, la technologie des missiles a fait un bond en avant, C’était en fait les Allemands qui étaient les plus en avance dans les technologies des fusées, mais quand ils ont perdu la guerre, les Étasuniens,  les Soviétiques et les Britanniques ont dépouillé l’Allemagne de ses ingénieurs en aéronautique, chacun recrutant avec succès un certain nombre d’entre eux. Les États-Unis furent probablement le grand gagnant, en ramenant avec eux Wernher von Braun, grâce à qui la fusée Saturn V finirait par se poser sur la Lune. et pour la première fois, un concept nouveau, hallucinant, s’était transformé en réalité :

Le voyage spatial.

Pendant des milliers d’années, “l’Histoire des Humains et de l’Espace” avait consisté en des observations et de l’émerveillement. La possibilité que des gens quittent un jour l’île Terre et s’aventurent dans l’espace a allumé un feu d’artifice dans l’esprit d’aventure de l’humanité.

J’imagine un sentiment similaire chez les gens du 15ème siècle, pendant les Grandes Découvertes, quand nous nous employions à défricher le chapitre carte du monde de “Où sommes-nous ?” et quand la notion de voyages transatlantiques éblouissait l’imagination. Si on avait demandé aux enfants de 1495 ce qu’ils voulaient faire quand ils seraient grands, “un explorateur des mers” auraient probablement été une réponse très répandue.

Si vous aviez posé la même question en 1970, la réponse aurait été “un astronaute”; c’est-à-dire un explorateur de la Situation.

La seconde guerre mondiale nous a rapprochés de la possibilité de voyager dans l’espace, mais ce n’est qu’en 1957, quand les soviétiques lancèrent le premier objet fabriqué en orbite, l’adorable Sputnik 1, que le voyage dans l’espace devint la quête définissant les grandes puissances mondiales.

En ce temps-là, la guerre froide était en pleine accélération, et les États-Unis et l’URSS avaient sorti leur mètre ruban pour leur concours international et télévisé de mesure de pénis. Avec le lancement réussi de Sputnik, le pénis du bloc soviétique a pris d’un coup quelques centimètres, horrifiant les Étasuniens.

Pour les Soviétiques, mettre un satellite dans l’espace avant les États-Unis était la preuve que la technologie soviétique était supérieure à la technologie étasunienne. Et cela signifiait, le monde en était témoin, que le communisme était supérieur au capitalisme.

Huit mois plus tard, la NASA était née.

La course à l’espace avait commencé, et la priorité pour la NASA était de mettre un homme dans l’espace, puis un homme en orbite complète, le tout de préférence avant les soviétiques. Les États-Unis ne se feraient plus humilier ainsi.

En 1959, la NASA lança le Projet Mercure pour mener à bien sa mission. Ils y étaient presque quand, en avril 1961, les soviétiques lancèrent Yuri Gagarin en orbite autour de la Terre, faisant d’un soviétique le premier humain dans l’espace et en orbite.

Il était temps de prendre des mesures drastiques. Les conseillers de John F. Kennedy lui ont dit que les Soviétiques étaient trop en avance pour que les États-Unis puissent espérer les battre lors de tout exploit réalisé à court terme. Mais la perspective d’un atterrissage humain sur la Lune était suffisamment lointaine pour que les États-Unis aient une chance d’arriver là-bas en premier. Alors Kennedy fit son célèbre discours “nous avons choisi d’aller sur la Lune, non pas parce que c’est facile, mais parce que c’est durrrr” et alloua un budget insensé à cette mission (20 milliards de dollars, l’équivalent de 205 milliards de dollars d’aujourd’hui).

Cela donna le Projet Apollo. La mission d’Apollo était d’amener un Étasunien sur la Lune, et d’y arriver en premier. Les soviétiques répondirent avec Soyouz, leur propre programme lunaire, et la course était lancée.

Alors que la première phase d’Apollo commençait à se mettre en place, le Projet Mercure trouva enfin son rythme. Un mois seulement après que Yuri Gagarin fut devenu le premier homme dans l’espace, l’astronaute américain Alan Shepard devint le deuxième, en suivant une petite courbe qui ne le mit pas en orbite mais qui lui permit de goûter à l’espace au sommet de la courbe. Quelques mois plus tard, en février 1962, John Glenn devint le premier Étasunien à orbiter autour de la Terre.

Durant les sept années suivantes, les superpuissances polirent leur savoir-faire et leur technologie à travers 22 lancements d’équipages Étasuniens et Soviétiques. À la fin de l‘année 1968, les États-Unis, lancés dans un sprint déchaîné, avaient plus de lancements (17) que l’URSS (10), mais les deux nations avaient maîtrisé ce qu’on appelle l’Orbite Terrestre Basse (OTB).

Mais l’OTB n’amusait plus personne depuis le début des années 60. Les deux puissances avaient le regard fixé sur la Lune. Le programme Apollo avançait rapidement, et en décembre 1968 les États-Unis devinrent la première nation à s’élever au-delà de l’OTB. Apollo 8 réussit à se mettre en orbite lunaire et à faire dix fois le tour de la Lune avant de revenir sans dégâts. L’équipage, qui incluait James Lovell (lequel prit part quelques mois plus tard à la mission Apollo 13, et fut incarné par Tom Hanks dans le film éponyme), explosa le record d’altitude et les hommes qui le composaient devinrent les premiers humains à voir la Lune de près. Ils furent donc les premiers à découvrir son côté “obscur”, et les premiers à voir la Terre comme une planète, prenant au passage cette photo emblématique :Image: Wikimedia Commons

À leur retour, les membres de l’équipage devinrent les héros les plus célèbres des États-Unis ; j’espère qu’ils en ont bien profité… pendant huit mois. Trois missions plus tard, en juillet 1969, Apollo 11 a fait des américains Neil Armstrong Armstrong avait été sélectionné pour être le premier homme à marcher sur la Lune, en partie parce qu’il était connu pour ne pas avoir un ego surdimensionné. Gus Grissom aurait été le favori pour le poste, mais en 1967, alors qu’il était pressenti pour commander Apollo 1 pour une mission en Orbite Terrestre Basse, lui et deux autres astronautes sont morts brûlés, piégés dans un vaisseau spatial en feu durant un exercice au sol. Stressant. et Buzz Aldrin les premiers humains sur la Lune, et Armstrong a pris cette célèbre photo d’Aldrin, tout gonflé :

On ne pourra jamais assez insister sur l’importance de ce truc. Depuis le début de la vie sur Terre il y a 3,6 milliards d’années, aucune créature terrestre n’avait posé le pied sur un autre corps céleste que la Terre. Soudain, on avait Armstrong et Aldrin, rebondissant sur une autre sphère, regardant le ciel où la Lune se trouve d’habitude, et voyant la Terre à la place. Dément.

Le projet Apollo était un succès écrasant. Non seulement Apollo a mis un homme sur la Lune avant les Soviétiques, mais le programme a également envoyé dix hommes de plus au cours des trois années et demi qui ont suivi via cinq autres missions Apollo. Cela faisait six voyages réussis sur sept essais, avec la célèbre exception d’Apollo 13, qui fut annulée sans perte humaine après l’explosion d’un réservoir à oxygène. La débâcle d’Apollo 13 a tout de même eu pour résultat l’accomplissement d’un exploit… par inadvertance. En effet, l’astronef a suivi une trajectoire imprévue qui l’a mené plus loin de la Terre qu’aucun autre vaisseau des missions Apollo. Les astronautes d’Apollo 13 détiennent donc un record jamais détrôné à ce jour, car ils ont atteint l’altitude de 400 187 km.

Le programme soviétique Soyouz n’arrêtait pas de se heurter à des problèmes techniques, et ne parvint jamais à mettre quelqu’un sur la Lune.

La dernière ballade sur la Lune d’Apollo eut lieu en 1972. En seulement une décennie, nous avions conquis l’espace proche, et les progrès s’accéléraient. Si vous aviez demandé à n’importe quel Étasunien, ou à n’importe quel autre humain, de quoi allaient être faites les prochaines décennies de voyages spatiaux, tous auraient osé les plus audacieuses prédictions. Beaucoup plus de gens sur la Lune, une base permanente sur la Lune, des gens sur Mars, et au-delà.

Alors vous pouvez imaginer combien ils auraient été surpris en 1972 si vous leur aviez dit, alors qu’ils venaient de voir douze humains marcher sur la Lune, que 43 ans plus tard, dans l’incroyablement lointain futur de l’année 2017, le nombre de personnes ayant posé le pied sur le lune serait toujours de douze. Ou qu’après avoir dépassé brillamment l’Orbite Terrestre Basse quelques années plus tôt et l’avoir utilisée comme notre place de parking de chargement pour les voyages lunaires, 2017 ferait marche arrière et l’OTB resterait l’endroit le plus lointain où les humains sont allés.

Les gens de 1972 seraient scotchés par nos smartphones et notre internet, mais ils seraient tout aussi choqués de voir que nous avons arrêté de repousser nos frontières spatiales.

Alors, que s’est-il passé ? Après un tel engouement frénétique pour l’aventure spatiale humaine, pourquoi avons nous simplement laissé tomber ?

Eh bien, comme nous l’avons vu dans le post sur Tesla (Article de Wait But Why, malheureusement pas encore traduit en français) “Pourquoi avons-nous laissé tomber ?” n’est pas la bonne question. À la place, nous devrions nous demander :

Mais pourquoi donc avons-nous été un jour assez aventureux pour envoyer des humains dans l’espace ?

Le voyage spatial a un coût astronomique. Les budgets nationaux sont incroyablement serrés. En fait, il est plutôt surprenant qu’une nation ait jamais consacré une part conséquente de son budget à l’esprit d’aventure, pour offrir une source d’inspiration et repousser les frontières.

Et la réponse est qu’en fait aucune nation n’a fait exploser son budget pour l’esprit d’aventure, pour offrir une source d’inspiration, et pour repousser nos frontières : deux nations ont fait exploser leur budgets à cause d’un concours de longueur de pénis. Sous le regard embarrassé du monde, à une époque où chacun essayait de déterminer quel système économique était le meilleur, les décideurs des États-Unis se sont mis d’accord pour mettre de côté les règles habituelles pendant quelques années et investir l’argent nécessaire à ce problème jusqu’à ce qu’ils l’aient résolu :

Une fois remporté, le concours était fini, et les règles spéciales n’avaient plus cours. Et les États-Unis se remirent à dépenser leur argent comme un état normal.

Au lieu de continuer à repousser les limites à tout prix, les États-Unis et l’URSS se sont secoués, ont remis leur pantalon, se sont serré la main, et ont commencé à travailler ensemble comme des adultes sur des projets beaucoup plus utiles, comme mettre en place une station spatiale commune en OTB.

Dans les quatre décennies qui ont suivi, l’Histoire des Humains et de l’Espace a de nouveau été confinée à la Terre, où nous avons trouvé deux raisons principales pour continuer à interagir avec l’espace (remarque : le passage suivant du post est une légère digression sur les satellites, les sondes spatiales et les télescopes spatiaux. Si ça ne vous amuse pas, je ne vous en voudrai pas de la sauter pour aller à la partie qui concerne la Station Spatiale Internationale) :

1) Accompagner les industries terrestres

La principale raison qui a poussé les humains à maintenir une activité spatiale depuis le programme Apollo ne relève pas de la quête intellectuelle. C’est une question purement pratique, les satellites permettant de booster certaines industries sur Terre. L’objectif principal des lancements de fusées est simplement de mettre en OTB des engins dont la raison d’être est de regarder la Terre, et pas les vastes espaces dans l’autre direction.

Voici un petit survol du monde des satellites :

La boîte bleue des satellites

On ne pense pas souvent à eux, mais au-dessus de nous volent des centaines de robots qui jouent des rôles importants dans nos vies sur Terre. En 1957, le pauvre Sputnik tournait tout seul autour de la Terre, mais aujourd’hui, les mondes des télécommunications, des prédictions météo, de la télévision, de la navigation et de la photo aérienne reposent tous lourdement sur les satellites, de même que de nombreuses armées et agences de renseignements.

Le marché total pour la fabrication de satellites, leur lancement dans l’espace, ainsi que tous les équipements et services qui les entourent s’est envolé entre 2004 et 2015, passant de 60 à plus de 200 milliards de dollars par an. Les revenus de l’industrie du satellite ne représentent que 4% de l’industrie mondiale des télécommunications, mais plus de 60% des revenus de l’industrie de l’espace.rapport SIA 2014

Voilà les satellites divisés par branches (en 2013) :Source du graphique rapport SIA 2014

Sur les 1265 satellites actifs dans le monde début 2015, les États-Unis sont ceux qui en possèdent de loin le plus, avec 528 – soit plus de 40% du total – mais une cinquantaine de pays possède au moins un satellite en orbite.

Pour ce qui est de savoir se situent réellement tous ces satellites, la plupart se trouvent dans deux “couches” différentes de l’espace :

Environ deux tiers des satellites actifs se trouvent dans l’Orbite Terrestre Basse. L’OTB commence à 160 kilomètres de distance de la surface de la Terre, l’attitude la plus basse pour qu’un objet puisse être mis en orbite sans que le frottement atmosphérique gâche tout. La limite haute de l’OTB se trouve à 2000 kilomètres. Les satellites les plus bas sont à minimum 350 kilomètres de hauteur, par exemple.

La plupart des autres satellites (environ un tiers) se trouvent beaucoup plus loin, dans un endroit appelé Orbite Géostationnaire (GEO pour ses sigles en anglais). Cet endroit est situé exactement à 35 786 kilomètres au-dessus de la Terre, et est appelé Géostationnaire parce qu’un objet en orbite à cette hauteur tourne exactement à la même vitesse que la Terre, ce qui rend sa position stationnaire par rapport à un point sur la Terre. L’objet semble donc immobile à un observateur au sol.Image : Wikimedia Commons

La GEO est idéale pour un satellite de télévision parce qu’une antenne parabolique peut être dirigée vers le même point tout le temps.

Un petit pourcentage des autres satellites se situe dans l’orbite circulaire intermédiaire (MEO en anglais), c’est-à-dire tout l’espace entre l’OTB et le GEO. Un résident notable du MEO est le système de GPS que tant de personnes autour du globe utilisent quotidiennement. Je ne m’étais jamais rendu compte que la totalité du système GPS, un projet du Département de Défense étasunien réalisé en 1995, utilise au total seulement 32 satellites. Et encore, jusqu’en 2012 c’était seulement 24 : 6 orbites, chacune avec 4 satellites. Mais tu peux voir dans le GIF en bas du paragraphe que même avec 24 satellites, n’importe quel point sur Terre peut être vu par au moins 6 satellites en même temps, et en général plutôt 9 ou plus (dans le GIF le point bleu représente une personne hypothétique sur Terre, et tous les satellites qui peuvent le voir sont en bleu, les lignes vertes montrent leur ligne de vision.Image : Wikimedia Commons

C’est la raison pour laquelle la carte de ton téléphone peut toujours t’indiquer ta localisation, même quand tu es dans un endroit où il n’y a pas de réseau – parce que ça n’a rien à voir avec le réseau. Le système est aussi fait pour être redondant – il a seulement besoin que quatre satellites te voient en même temps pour établir ta localisation. Les satellites GPS ont une période orbitale de 12 heures, et font donc deux fois le tour de la Terre chaque jour.Techniquement, il s’agit de deux rotations par jour sidéral, c’est-à-dire environ 23 heures et 56 minutes, corrélé à la rotation de la Terre par rapport aux étoiles au lieu du soleil. Cela m’ennuie car je ne comprends pas pourquoi ils se basent sur un jour sidéral au lieu d’un jour normal et je n’ai pas envie de passer 17 minutes à découvrir la raison – donc si quelqu’un le sait, dites-le moi dans les commentaires, s’il vous plaît ! Cela m’ennuie également parce que sidéral est juste un mot ennuyeux.

Tu peux voir où sont situés les satellites en allant sur Google Earth (il y a une vidéo cool de Google Earth qui montre les satellites).

La boite très bleue des débris dans l’espace

Il y a un gros problème dans le monde des satellites. En plus des 1265 satellites actifs en orbite, il y a des milliers de satellites inactifs et un max de fusées qui viennent de missions antérieures. Et de temps en temps, l’un d’entre eux explose, ou alors deux d’entre eux entrent en collision, créant ainsi une tonne de tout petits fragments appelés débris de l’espace. La quantité d’objets dans l’espace a augmenté rapidement au cours des décennies passées, comme le montre un GIF fait par l’ESA (la taille des objets par rapport à la Terre est exagérée).GIF http://ucresearch.tumblr.com/post/124673707676/blasting-space-junk-with-a-laser-its-getting

La majorité des satellites et des débris est entassée près de la Terre en OTB, et l’anneau supérieur représente ceux qui sont en GEO.

Les agences spatiales suivent environ 17 000 objets, dont seulement 7% sont des satellites actifs. Voilà une carte de tous les objets connus dans l’espace aujourd’hui.

Mais ce qui est fou, c’est que seuls les grands objets font l’objet d’un suivi, et ce sont ceux qui apparaissent sur l’image. On estime que les petits objets (de 1 à 10 centimètres) sont au nombre de 150 000 à 500 000, et il y a plus d’un million de pièces de plus de 2 millimètres.ESA, Astronomy Café

Le problème est que, étant donnée la vitesse incroyable à laquelle bougent ces objets (pour la plupart des objets en OTB, aux alentours de 25 000 kilomètres par heure), une collision avec un objet même minuscule peut causer des dommages énormes à un satellite ou à un engin spatial.  À cette vitesse, un objet de seulement 1 centimètre aura le même effet qu’une grenade à main. Le film Gravity illustre exactement pourquoi les débris de l’espace sont vraiment relous. Astronomy Cafe

Environ un tiers des débris de l’espace provient de seulement deux évènements : le test antisatellite de la Chine en 2007, quand la Chine a chié à la gueule du monde en faisant exploser intentionnellement l’un de ses satellites, créant ainsi 3 000 nouveaux débris suffisamment grands pour être suivis, et une collision en 2009 entre deux satellites qui ont explosé en 2000 gros débris. Chaque collision augmente la quantité de débris, ce qui augmente la probabilité de collisions. Il y a donc un danger d’effet domino, que les scientifiques appellent le Syndrome de Kessler . Il y a beaucoup de propositions visant à réduire la quantité de débris en OTB – ça va depuis les intercepter avec un nuage de gaz jusqu’à les harponner, en passant par les exploser au laser )

Voilà un schéma résumant “l’empreinte spatiale” de chaque nation, avec la quantité de satellites actifs, inactifs, et de débris spatiaux générés par pays :Image réalisée par Michael Paukner

Il y a quelques autres activités dans l’espace qui entrent dans la catégorie de “soutien aux industries terrestres”, comme l’extraction minière, l’enterrement dans l’espace et le tourisme spatial,  mais, au moins pour l’instant, les satellites représentent la quasi-totalité de cette catégorie.

2) Regarder et apprendre

La deuxième raison pour laquelle les humains ont interagi avec l’espace au cours des quatre dernières décennies prouve que, bien que nous ayons cessé d’envoyer des humains dans Cet Endroit, nous n’avons jamais perdu notre soif d’apprendre sur ce qui se passe là-bas, dehors. Alors que la société a dirigé son attention ailleurs, les astronomes ont continué à travailler comme des fourmis pour déchiffrer, page par page, le mystérieux vieux roman, Où sommes-nous ?

Les astronomes apprennent mieux avec leurs yeux, et une conséquence de la Course aux Étoiles a été l’amélioration sans précédent de technologies permettant de regarder ce qu’il y a dehors. Voilà deux manières High Tech de regarder les choses pour les astronomes modernes :

Outil #1 pour regarder et apprendre : envoyer des sondes faire un tour dans le Système Solaire

En gros, les scientifiques envoient un robot de luxe vers une planète distante, ou la Lune, ou un astéroïde, et le robot passe quelques mois ou années à voler dans l’espace, blasé, et il finit par arriver. Après, selon le projet, il peut juste voler vers l’objet, prendre quelques photos sur le chemin, se mettre en orbite autour de l’objet pour obtenir une information plus détaillée, ou se poser dessus pour réaliser une inspection complète. Tout ce qu’il apprend, il nous l’envoie, et un jour, quand le boulot est terminé, on tue le robot en le faisant s’écraser sur l’objet ou alors on le laisse juste voler dans l’espace et déprimer.

Je me prends souvent comme exemple pour tester ce dont le public en général a entendu parler ou pas. Et, comme je l’ai mentionné avant sur ce blog, j’ai une relation sérieuse avec l’astronomie depuis mes trois ans – donc, si je ne sais pas quelque chose sur le monde de l’espace, je pars du principe que la majorité des gens est dans la même situation que moi. Et à propos des robots de l’espace, je suis un peu désorienté. Combien sont dans l’espace en train de voler ? 200 ? 50 ? 9 ? Pourquoi sont-ils dehors, qui les a envoyés, que font-ils exactement ? Tout ce qui me vient à l’esprit, c’est que de temps en temps on entend parler d’un robot qui vient d’envoyer des images impressionnantes, alors j’ouvre la galerie de cnn.com, je clique dessus, je tripe pendant un moment, je l’envoie à mes trois potes qui ont aussi une relation sérieuse avec l’astronomie, ensuite j’essaie de fermer la page mais au lieu de ça je me mets à cliquer sur des titres accrocheurs sur la page de la CNN, et ma vie est foutue pour les trois prochaines heures. Voilà à quoi se résume ma relation avec les robots envoyés dans l’espace.

Mais, en faisant de la recherche pour cet article, je me suis rendu compte qu’il n’y a pas grand-chose à savoir, et que ça ne demande pas tant que ça d’effort pour s’y retrouver. Voilà les huit robots les plus importants selon moi en ce moment. (note : ” Les sources des images de robots sont en hyperlien sur les images »

  1. New Horizon (Pluton, NASA)

New Horizon est le premier parce qu’il a connu son moment de gloire il n’y a pas si longtemps. Il a été lancé en 2006 pour un voyage de 10 ans vers Pluton. New Horizon a enfin atteint Pluton le 14 Juillet 2015. Il ne s’est pas posé sur Pluton, mais a volé très près et nous a fourni la première image de Pluton. Je ne suis pas sûr que les gens se rendent compte qu’avant ça, personne n’avait jamais vu comment était Pluton – trop petit et trop loin pour que même nos meilleurs télescopes puissent prendre une photo décente. Avant que ces images apparaissent, tout ce qui ressemblait à une bonne photo de Pluton était en fait une reconstruction artistique. Ce qui a changé il y a un peu plus d’un an. Image: NASA

Ensuite, New Horizon est parti encore plus loin, rendre visite à la ceinture de Kuiper pour nous envoyer des images de comètes et de planètes naines. Tu peux suivre la position de New Horizon ici.

Bizarrement, Pluton était encore une planète quand New Horizon a été lancé, et tout le monde a arrêté de parler à l’équipe de ce projet quand on a su que ce n’était pas le cas. Même si, comme tout le monde, ça me fait de la peine que Pluton soit triste d’avoir été ainsi rétrogradéePluton, découverte en 1930, a d’abord obtenu le statut de planète, mais ensuite, alors qu’on a découvert de plus en plus d’objets à l’extérieur du Système Solaire, on s’est rendus compte que Pluton était en fait seulement le plus gros objet de la ceinture de Kuiper – surpeuplée – et que ça n’avait pas de sens de la considérer comme une planète.  Si elle avait été toute seule dehors, ça aurait été autre chose, mais si aucune des énormes planètes naines dans les ceintures d’astéroïdes ou la ceinture de Kuiper n’étaient des planètes (pas même sa voisine découverte récemment et presque aussi grosse qu’elle, Eris), alors il n’y avait aucune raison pour que Pluton soit considérée arbitrairement comme une planète. Donc, l’Union Internationale Astronomique, groupe d’intellos coincés par excellence, s’est réunie pour se disputer sur le sujet, et en est sortie avec une définition officielle valable pour toutes les planètes : 1) Elle doit être en orbite autour du Soleil, 2) Elle doit être assez grosse pour devenir sphérique de par sa propre gravité, 3) Elle doit avoir éliminé son voisinage sur sa propre zone orbitale. Pluton a raté le troisième point, puisqu’il y a plein d’autres objets dans son orbite, qui se trouve dans la ceinture de Kuiper. Tant qu’on y est, une autre anecdote amusante : après que Uranus a été découverte et baptisée, les chimistes ont inventé un nouvel élément : l’uranium. Ils ont fait la même chose avec Neptune (apparemment, le neptunium existe), et la fraîchement baptisée Pluton a donné son nom à l’élément plutonium. il me semble qu’elle devrait quand même être fière d’avoir réussi à tromper son monde en restant ainsi sous les projecteurs pendant 76 longues années, et même d’en avoir profité pour sortir de l’anonymat la ceinture de Kuiper, étant donné que sa copine la planète naine Eris a passé tout ce temps dans l’obscurité, et n’a été découverte qu’en 2005.

2 ) Curiosity (Mars, NASA)

Curiosity est maintenant un vagabond célèbre. Cet adorable robot de la taille d’une voiture est arrivé sur Mars en 2012, et y effectue des recherches sur plein de choses, à l’intérieur d’un gros cratère. Son objectif principal est de découvrir s’il y a eu de la vie sur Mars dans le passé. Les deux derniers vagabonds de Mars, Opportunity et Spirit, sont arrivés en 2004 pour une mission qui devait durer 90 jours. Ils ont tous deux continué bien après cela, et Opportunity est toujours actif. Quel brave garçon.

Il y a des tonnes d’autres sondes en orbite autour de Mars, mais Curiosity est le plus important.

Au cours de mes recherches, je suis tombé sur cette vidéo d’un film  IMAX, qui montre comment la sonde Spirit a voyagé depuis la Terre jusqu’à la surface de Mars, et j’ai trouvé que c’était la vidéo la plus cool de tous les temps. Jusqu’à ce que je trouve cette vidéo retraçant l’arrivée de Curiosity sur Mars, qui était encore plus géniale.

3 ) Juno (Jupiter, NASA)

Juno a quitté la Terre en 2011, a fait une grande boucle et est retournée vers la Terre en 2013 pour gagner un peu de punch (et en a profité pour faire une vidéo chouette de la Lune faisant le tour de la Terre), et maintenant est en chemin vers Jupiter, où elle vient d’arriver en Juillet.Image : Wikimedia Commons

En ce moment, Juno est en orbite autour de Jupiter, elle prend des photos et utilise des senseurs pour essayer de comprendre ce qui se passe en dessous de ses appétissants nuages. Au bout d’un certain temps, elle mourra en tombant sur Jupiter, et avec un peu de chance elle aura le temps de prendre et nous envoyer quelques photos de l’intérieur de l’atmosphère avant de brûler, pour que quelqu’un fasse une jolie vidéo de réalité virtuelle et que tu puisses toi-même descendre sur la surface de Jupiter.

4 ) Cassini (Saturne, NASA/Agence Spatiale Européenne/collaboration de l’Agence Spatiale Italienne)

Lancée en 1997, Cassini est partie vers Saturne, la seule planète du Système Solaire qui a décidé que c’était la classe de porter un tutu. Arrivée en 2004 à destination, Cassini est devenue la première sonde dans l’histoire à entrer en orbite autour de la planète, et a envoyé quelques photos à s’en décrocher la mâchoire, comme celle-là.Image NASA

Et celle-là :

Et cette prise rapprochée des anneaux :

Et cette photo vraiment géniale de Saturne avec le Soleil derrière :

En 2005, Cassini a lâché son atterrisseur, bizarrement appelé Huygens, sur la plus grande lune de Saturne, Titan. Voilà une image réelle de la surface de Titan, prise par Huygens (c’est fascinant et bizarre de voir la surface d’un truc aussi lointain et mystérieux qu’une lune de Saturne) :Image Wikimedia Commons

5 et 6 ) Voyager 1 et 2 (Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune ; NASA)

Lancées en 1977, les deux sondes Voyager ont été les premières à collecter des images des quatre géantes du Système Solaire. Voyager 2 est à ce jour la seule sonde à avoir rendu visite à Uranus et Neptune, et a pris ces photos respectives, un peu inquiétantes :Images NASA : Uranus , Neptune

Le truc cool des Voyagers c’est que, même si leurs missions originelles sont depuis longtemps terminées, elles sont toujours en train de lorgner vers des destinations lointaines. Elles sont incroyablement loin maintenant et vont super vite. Voyager 1 est la plus rapide des deux, avec 61 000 kilomètres à l’heure – tellement rapide qu’elle mettrait seulement 5 minutes à traverser l’océan Atlantique – et c’est pour l’instant l’objet fabriqué par des humains qui se trouve le plus éloigné de notre planète, actuellement à 137 UA Une UA est une ” Unité Astronomique ” – la distance entre la Terre et le Soleil, qui représente environ 150 millions de kilomètres. de la Terre. C’est aussi le premier objet fabriqué par les humains à quitter le Système Solaire. À ce rythme, Voyager 1 devrait atteindre Proxima Centauri, l’étoile la plus proche de nous, dans environ 73 000 ans.

Un autre truc cool à propos des sondes Voyagers est qu’avant leur départ, un comité de la NASA, dirigé par Carl Sagan, les a remplies avec une capsule de temps  pleine de symboles, de sons et d’images de la Terre (et des instructions en symboles pour écouter et regarder les matériels audiovisuels), donc peut-être qu’un jour des extraterrestres  les trouveront et découvriront notre existence. C’est probablement une perte de temps pour tout le monde, mais on ne sait jamais.

7 ) Rosetta (comet, ESA)

Lancée en 2004, Rosetta a surtout retenu l’attention il y a deux ans lorsqu’elle a atteint la comète 67P en Août 2014 et est parvenue à lancer quelques mois plus tard son petit atterrisseur, Philae, sur la comète. En fait, Comet 67P est juste une sorte de gros rocher d’environ 4 kilomètres de long, mais les images prises par Rosetta sont sympa :

8 ) Dawn (Vesta et Ceres, NASA)

Dawn n’arrive pas à croire qu’elle a été sélectionnée dans le top 8. Je l’ai incluse parce que je ne suis pas sûr que les gens se rendent compte qu’il y a des objets gigantesques, presque de la taille d’une planète, dans la ceinture d’astéroïdes. La ceinture d’astéroïdes, un anneau énorme composé de millions d’astéroïdes, dont 750 000 d’un diamètre supérieur à un kilomètre,Space.com se trouve entre les orbites de Mars et de Jupiter (à ne pas confondre avec la ceinture de Kuiper qui entoure le Système Solaire, beaucoup plus grande). Parmi les astéroïdes de la ceinture se trouve Ceres, une planète naine qui mesure un quart de la taille de la Lune et représente à elle seule un tiers de la masse totale de la ceinture, et Vesta, le plus gros objet de la ceinture après Ceres, et l’objet le plus brillant de la ceinture vu de notre ciel.Pour se faire une idée de la taille de Ceres and Vesta, voilà à quoi elles ressembleraient à côté de notre Lune. Je n’avais pas réalisé la taille de ces trucs. Bref, Dawn, qui a été lancée en 2007, a passé neuf mois en orbite autour de Vesta avant de se diriger vers Ceres, où elle est arrivée en mars 2015 (devenant de ce fait la première sonde à entrer en orbite autour de deux objets).

Il y a plusieurs autres sondes là-bas. Comme Messenger, qui a tourné en orbite pendant sept ans autour de Mercure avant de se fracasser volontairement en 2015 ; Akatsuki, une sonde japonaise qui était censée entrer en orbite autour de Vénus en 2010 mais a échoué la première fois, et a été placée en orbite elliptique en décembre 2015 ; plusieurs sondes qui tournent autour de la Lune, dont la Chinoise Chang’e 3, qui y a lancé le premier atterrisseur depuis 1976 ; et un autre groupe qui prend des mesures du soleil. Tu peux voir une liste exhaustive de toutes les sondes passées et présentes, et un schéma génial du National Geographic qui résume tout ça (clique sur le graphique pour voir de plus près) :Je n’ai pas pu trouver l’image sur le site du National Geographic mais elle figure sur ce blog http://cosmicdiary.org/fmarchis/2014/05/19/54_years_of_exploration/

Outil #2 pour observer et apprendre : les télescopes

Les télescopes existent depuis le début du XVIIème siècle, et sont devenus de plus en plus puissants au cours des 400 dernières années, se convertissant en l’outil principal de l’humanité pour tourner les pages du livre Où sommes-nous ?

Mais à un moment, les télescopes au sol ont atteint une limite dans ce qu’ils pouvaient voir, malgré les avancées technologiques. Tu vois ce qui se produit quand tu regardes une lumière à travers un verre d’eau et que la lumière est déformée et moche ? C’est ce qui se passe quand les étoiles clignotent, sauf qu’au lieu de l’eau, c’est l’atmosphère terrestre qui trouble la lumière. L’atmosphère ne déforme pas autant la lumière que l’eau, mais les étoiles et les galaxies sont des minuscules trous d’épingles dans notre ciel, donc n’importe quel niveau de flou est un gros problème – c’est comme essayer d’observer le vol des oiseaux depuis le fond d’une piscine remplie d’eau.

Pendant les années 1960, les humains sont devenus capables d’envoyer les télescopes dans l’espace, qui nous ont montré les premières images claires des étoiles dans l’histoire. En 1990, la NASA a envoyé le premier vrai gros télescope dans l’espace, le Hubble. Bizarrement, après avoir bataillé pendant près de 20 ans afin d’obtenir un budget pour le Hubble et construire le télescope, et après avoir finalement lancé une mission difficile et risquée pour l’envoyer dans l’espace et le mettre en orbite, la NASA a reçu les premières photos du Hubble, et constaté qu’elles étaient floues. En fait, la courbe du télescope était faussée de 2,2 millièmes de millimètres. Une erreur presque imperceptible, mais avec les énormes distances d’observation, c’était suffisant pour tout gâcher. Il a fallu 4 ans de plus pour lancer une autre mission dans l’espace et arranger le télescope. La réparation devait d’abord être effectuée avec une parfaite minutie sur Terre, et les astronautes devaient ensuite l’installer avec une tout aussi parfaite minutie dans l’espace – la forme du miroir est tellement précise que si un astronaute l’avait ne serait-ce que frôlé accidentellement durant le processus de réparation, tout aurait été gâché. Heureusement, tout s’est bien passé et depuis 1994 le Hubble fonctionne sans problème. Image : Wikimedia Commons https://en.wikipedia.org/wiki/Hubble_Space_Telescope#/media/File:Hubble_01.jpg

Le Hubble est de la taille d’un bus, et son objectif de 2,4 mètres est suffisamment précis pour percevoir un rayon laser sur une pièce de monnaie à 200 kilomètres de distance, et assez puissant pour capter une mouche à Tokyo depuis Boston (si la Terre était ronde, bien sûr). Et, depuis sa position en orbite à plus de 200 kilomètres au-dessus de la Terre, sans atmosphère ou pollution lumineuse sur le chemin, le Hubble se situe sur ce que la NASA appelle “le dernier sommet de montagne.”Les faits et la citation : NASA Tous ces éléments donnent au Hubble une vue sans précédent de l’univers, ce qui lui a permis de nous envoyer tout au long des 25 dernières années des photos incroyables, au point que j’ai du mal à croire qu’elles sont réelles. Comme cette galaxie énorme :Images du Hubble : NASA

Ou ces deux galaxies en train de fusionner lentement :

Ou ces incroyables Piliers de la Création (le doigt de gauche est tellement gigantesque, 4 années lumières de haut en bas, que si tu le survolais en avion ça te prendrait 4,5 millions d’années :

Ou quand le Hubble a zoomé sur un petit coin du ciel apparemment vide (représenté à côté de la Lune pour voir la taille du carré) :

Et a trouvé des milliers de galaxies :

De plus, le Hubble et d’autres télescopes spatiauxOn pense que le Hubble va tomber en panne dans peu de temps maintenant, peut-être avant 2020. Sans personne là-haut pour résoudre les problèmes du système depuis 2009, c’est inévitable – et son orbite va décliner lentement jusqu’à 2030 ou 2040, puis il brûlera dans l’atmosphère terrestre. C’est triste – l’idée originelle était d’envoyer une mission pour le récupérer et le ramener sur Terre en sécurité et en faire une célébrité du musée de la Smithsonian Institution. Mais le programme de navettes spatiales de la NASA s’est terminé, et maintenant le Hubble va mourir dans d’horribles conditions. Heureusement, il a un successeur brillant – le Télescope Spatial James Webb dont la mise en orbite est programmée pour 2018 et qui est capable de détecter des lumières 10 à 100 fois plus faibles que le Hubble dans sa meilleure forme. nous ont révélé quantité de nouvelles informations sur la place que nous occupons dans l’univers et comment nous y sommes arrivés. Ils ont aussi permis d’étendre nos connaissances dans des domaines très divers, depuis l’énergie noire jusqu’aux origines, l’âge et la taille de l’univers, en passant par le nombre de planètes comme la nôtre qui pourraient héberger de la vie.

Pendant 40 ans, ces deux objectifs – soutenir les industries terrestres et continuer d’apprendre et découvrir – ont résumé notre relation avec l’espace.

Et comme ces deux objectifs sont mieux remplis par des machines voyageant dans l’espace que par des humains, le chapitre le plus récent de l’Histoire des Humains et de l’Espace s’est concentré uniquement sur les machines à voyager dans l’espace, et le rôle des humains s’est limité à contrôler ces machines depuis la Terre.

La seule raison pour laquelle quelques humains sont allés dans l’espace depuis qu’Apollo 17 est revenu sur Terre en 1972 est que de temps en temps les machines ne sont pas suffisamment avancées pour effectuer certaines tâches, et qu’il est nécessaire d’envoyer un être humain les faire à leur place. Sur les 550 personnes environ qui sont allées dans l’espace, plus de 400 l’ont fait après la fin de la Course de l’Espace. Mais depuis Apollo, les raisons ont été d’ordre pratique – des scientifiques et des techniciens allant dans l’espace pour effectuer une tâche précise. C’est pourquoi toutes les missions impliquant des humains durant les quatre dernières décennies se sont cantonnées à la fine couche d’espace entourant la Terre : l’Orbite Terrestre Basse.

La Station Spatiale Internationale

De nos jours, le but de presque toutes les missions spatiales habitées est d’envoyer et/ou de ramener des astronautes à la Station Spatiale Internationale (SSI, ou ISS pour ses sigles en anglais).Je n’ai pas réussi à trouver la source originale, donc je vais mettre comme source quelqu’un d’autre qui a volé l’image – Imgur

La SSI est le fruit d’une collaboration entre 16 pays, qui a vu le jour en 1998 et a été construite au long d’une décennie. La station spatiale est en orbite autour de la Terre dans la couche la plus basse  de l’Orbite Terrestre Basse, à une altitude d’environ 300 ou 400 kilomètres, soit le diamètre de l’Islande – assez près du sol pour qu’on la voie facilement la nuit à l’œil nu.Une vidéo cool qui montre à quoi elle ressemblerait si la Lune était en orbite à la hauteur de la SSI. Et elle est plus grosse que ce qu’on croit en général : elle pèse autant que 320 voitures et a la dimension d’un terrain de football américain :Faits et image sur NASA

La boîte bleue de : que diable foutent les gens sur La SSI ?

Quand j’ai commencé cet article, je me suis rendu compte que je ne savais pas vraiment à quoi servait la SSI et que faisaient les gens qui y allaient. Chaque fois que je vois une vidéo montrant ce qui se passe à l’intérieur de la station spatiale, c’est toujours la même chose : un mec qui s’amuse à flotter.

Heureusement, il y a des conférences de la SSI et, le monde étant bien fait, il y en avait une le mois dernier à Boston. J’y suis donc allé. La conférence était dirigée par le Centre pour l’Avancement de la Science dans l’Espace (CASIS pour ses sigles en anglais), qui s’occupe de la partie étasunienne de la SSI. Voilà ce que j’ai appris à la conférence :

  • LA SSI est un laboratoire scientifique. Un peu comme n’importe quel laboratoire, sauf qu’il est dans l’espace… donc c’est le seul laboratoire où on peut tester des trucs avec gravité zéro (bon, en fait ça n’est pas exactement la gravité zéro, mais plutôt la microgravité – j’expliquerai ça plus tard dans le post).
  • Ce que la majorité des expériences sur La SSI ont en commun, c’est qu’elles sont là pour la microgravité, mais en dehors de ça, elles ont plein de buts différents : mieux comprendre l’ostéoporose (l’absence de gravité provoque une atrophie osseuse chez les astronautes), tester la résistance des équipements dans l’espace, analyser la façon dont les fluides se comportent et interagissent en l’absence d’autres forces, utiliser le changement de gravité pour obliger les bactéries à révéler quels gènes les immunisent contre certains médicaments, pour ne citer que quelques exemples.
  • Les astronautes ont un emploi du temps très strict. Ils dorment pendant huit heures et demi, mangent (une heure et demi pour le petit-déjeuner et le diner, une heure pour le repas du midi), font de l’exercice (deux heures et demi obligatoires) ou travaillent sur les expériences (neuf heures par jour) – j’ai pris cette photo de l’emploi du temps des trois astronautes vivant actuellement sur la SSI.Deux Russes, un Étasunien. L’Étasunien est Scott Kelly, jumeau de l’astronaute Mak Kelly, qui est le mari de la députée Gabrielle Giffords. Ce sont les trois seuls êtres humains qui se trouvent dans l’espace actuellement – tu peux voir la quantité totale d’êtres humains se trouvant dans l’espace à n’importe quel moment ici. Et ils ont droit à leurs week-end, ce qui est vraiment marrant – tu passes tout ton temps à flotter et regarder par la fenêtre.
  • Je ne suis pas le seul à avoir vraiment envie d’aller jouer sur La SSI – il faut passer par un processus furieusement compétitif pour pouvoir être sélectionné par la NASA. Des milliers d’individus envoient leur candidature, une centaine d’entre eux est sélectionnée pour un entretien final et des examens physiques, et seulement une ou deux personnes sont acceptées. À de rares occasions, une entreprise privée ou un individu peut acheter un espace sur la station, mais ça coûte dans les 60 millions de dollars.

Si vous voulez avoir un aperçu de la vie sur La SSI, voilà une visite virtuelle  de la station spatiale offerte par une astronaute flottante.

Jusqu’à présent, 216 personnes sont allées jouer sur la SSI, venant de 15 pays différents :Image https://www.nasa.gov/mission_pages/station/main/onthestation/facts_and_figures.html

Comment les choses arrivent dans l’espace

Nous avons parlé de ce qu’il y a dans l’espace, mais comment tous ces trucs arrivent dans l’espace ? Tu t’es déjà demandé comment quelque chose comme le satellite du GPS est arrivé là-haut ? La réponse est que seuls neuf pays sont capables de lancer des objets en orbite dans l’espace : la Russie, les États-Unis, la France, le Japon, la Chine, l’Inde, Israël, l’Iran et, euh, la Corée du Nord – ainsi qu’une entité non nationale, l’Agence Spatiale Européenne (ESA pour ses sigles en anglais). Si un satellite va dans l’espace, c’est parce que quelqu’un a payé une de ces 10 entités pour l’y envoyer sur une grosse fusée très chère (ou alors parce qu’un pays l’a envoyé pour s’en servir lui-même).

Pour ce qui est d’envoyer des humains dans l’espace, seuls trois pays dans l’histoire l’ont fait – la Russie, les États-Unis et la Chine (qui est un nouveau protagoniste dans l’industrie spatiale et avance très rapidement). Depuis les années 1960, la Russie a utilisé ses fusées Soyuz pour envoyer des gens dans l’espace, et les États-Unis, après avoir conclu le programme Apollo en 1972, ont pu de nouveau envoyer des personnes en orbite en 1981 grâce à la Navette Spatiale Américaine (Space Shuttle Program en anglais) de la NASA.Image : How It Works Daily

Au cours des 30 années suivantes, les États-Unis ont envoyé 135 navettes spatiales en OTB, dont 133 avec succès. Les deux exceptions sont des épisodes assez traumatisants de l’histoire des États-Unis – Challenger  en 1986 et Columbia en 2003.

Le Programme de Navettes Spatiales a pris sa retraite en 2011. Aujourd’hui, seuls deux pays peuvent envoyer des êtres humains en orbite – la Russie et la Chine. N’étant plus capable de le faire, les États-Unis – le pays qui un jour a déposé triomphalement un être humain sur la Lune sous les regards du monde entier – doivent maintenant envoyer leurs astronautes dans l’espace sur des fusées russes, à la merci du bon plaisir de Moscou.


Donc, que penser de l’Histoire des Humains et de l’Espace ? C’est un conte un peu étrange. En 1970, l’histoire ressemblait à ça :

Donc logiquement, on pouvait supposer que l’histoire allait dans cette direction :

Mais maintenant on est en 2016 et en fait, voilà ce qui est en train de se passer :

Quand je regarde ce qui se passe entre les humains et l’espace aujourd’hui, je devrais penser que c’est incroyable. Seulement 59 ans après que l’Union Soviétique a envoyé le premier objet fait par des humains en orbite, les équipements techniques High Tech grouillent autour de la Terre, donnant aux humains des capacités magiques de vision et communication. Il y a une équipe de robots messagers volants qui est partie explorer le Système Solaire et nous envoie ses trouvailles. Il y a un gigantesque télescope volant au-dessus de la Terre, qui nous montre exactement à quoi ressemble l’univers observable. Il y a un laboratoire scientifique de la taille d’un terrain de football flottant à 300 kilomètres au-dessus de nos têtes avec des gens dedans.

Tout ce que je viens de dire est juste génial.

Et si seulement l’histoire des Humains et de l’Espace ressemblait à ça –

– je serais émerveillé de tout ce que nous sommes en train d’accomplir face à La Situation.

Malheureusement, les années 1960 sont passées par là. Donc, c’est plutôt comme ça :

Un bon spectacle de magie suit une règle simple : les tours doivent aller crescendo. Si tu ne parviens pas à garder une longueur d’avance sur la foule blasée, tes spectateurs vont vite te lâcher.

Dans certains domaines, les Humains et la Magie de l’Espace ont continué à s’améliorer de manière stable. Dans notre quête pour le savoir et la compréhension, par exemple, nous continuons à nous surpasser – nos connaissances à propos de l’univers augmentent de façon significative décennie après décennie. L’esprit humain de découverte est vivant et se porte bien, il a prospéré dans l’espace depuis Apollo.

Mais bien que nous soyons fascinés par ces découvertes – et que nous désirions ardemment connaître les secrets cachés dans les pages de Où sommes-nous ? –   lorsqu’il s’agit de nous remplir d’une excitation et d’une inspiration authentiques, de celles qui font monter notre adrénaline, les découvertes n’arrivent pas à la cheville de l’aventure. Les robots et les télescopes nous émerveillent et éveillent notre curiosité, mais rien ne nous atteint dans notre instinct animal comme observer notre espèce, au mépris du danger, avancer vers l’inconnu (“to boldly go where no man has gone before“). Et dans ce domaine, les quatre dernières décennies nous ont laissé une sensation de vide. Après avoir vu des gens marcher sur la Lune, suivre des missions habitées à La SSI est, comme le dit Ross Andersen “à peu près aussi excitant que regarder le Colombus manœuvrer à Ibiza”.

Et voilà pourquoi, dans le monde d’aujourd’hui, l’Histoire des Humains et de l’Espace est passée au deuxième plan dans notre conscience. Le thème qui devrait tous et toutes nous mettre à genoux d’émotions est devenu un petit spectacle de geeks. Demande donc autour de toi à 10 personnes avec un haut niveau d’éducation ce qui se passe dans le Système Solaire avec les robots spatiaux, la SSI ou la NASA ou SpaceX et la plupart d’entre elles ne pourra pas te dire grand-chose. Certains ne sauront même pas que des êtres humains continuent d’aller dans l’espace. Les gens ne le savent pas parce que ça ne les intéresse pas. À cause de la façon dont elle s’est déroulée, l’Histoire des Humains et de l’Espace a un goût de déception. Et en regardant le monde aujourd’hui, l’intuition nous dit que les chapitres futurs de l’histoire de l’espace vont continuer à s’écrire de la même façon qu’aujourd’hui :

Beaucoup de gens pensent que ce n’est pas une mauvaise chose. “Pourquoi dépenser des sommes exorbitantes pour envoyer des gens explorer l’espace alors qu’on a tellement de problèmes ici sur Terre ?” demandent-ils. Barney Frank, un député du Massachussets qui a un rôle clé dans l’attribution des budgets depuis trente ans, dit que les projets ambitieux de voyage dans l’espace sont “au mieux un luxe que le pays ne devrait pas se permettre” voire un “gâchis complet d’argent”, au pire une “escroquerie pure et simple.”Source de la première citation, des deux autres Et les coupes radicales effectuées dans le budget de la NASA depuis que la Course pour l’Espace s’est terminée montrent bien que Frank n’est pas le seul homme politique à avoir cette opinion. À première vue, Frank a tout à fait raison après tout, quand on regarde les problèmes des systèmes de santé et d’éducation, la pauvreté, devrions-nous vraiment réserver des ressources pour un “budget aventure” ? Et vu sous cet angle, la projection graphique ci-dessus de l’aventure des Humains et de L’Espace semble tout à fait destinée à poursuivre sa trajectoire actuelle.

J’ai passé les derniers mois à lire, discuter et penser presque sans interruption aux prochains chapitres de cette histoire et à quoi ils vont ressembler. Maintenant, mes opinions sur le futur ont changé de façon radicale.

Je pense que nous allons avoir une grosse surprise.

 

Note de Mindful News: cet article est en cinq chapitres, nous sommes en train de terminer la version finale des autres parties et nous les publierons sous peu.


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