Après de nombreuses années de lutte, les Indiens Mundurucús ont obtenu gain de cause contre la construction d’un mégabarrage sur la rivière Tapajós, qui est leur lieu de vie. Cette population autochtone brésilienne s’est mobilisée sans relâche pour alerter l’opinion publique et les décideurs politiques, et a fini par obtenir le soutien d’organisations écologistes comme Greenpeace ou Sauvons La Forêt. La pétition lancée par ces dernières a réuni plus d’un million de signatures dans le monde entier.

En effet, IBAMA, l’agence environnementale brésilienne, a refusé de donner à Eletrobrás, multinationale de production et distribution d’électricité, la permission de construire le barrage en raison des risques que celui-ci représenterait pour l’environnement. Le bouleversement des écosystèmes mettrait en danger la forêt qui entoure le fleuve, et pourrait faire disparaitre des espèces rares comme le dauphin rose, qui n’existe que dans cette zone.
Les conséquences néfastes des mégabarrages sur l’Amazonie avaient déjà été pointées du doigt dans un rapport de Greenpeace.

La construction de mégabarrages et autres projets invasifs ne met pas en danger seulement l’environnement, mais également les peuples autochtones qui se voient forcés à migrer et abandonner leur mode de vie traditionnel. Au-delà de leur diversité, les peuples autochtones ont en commun une cosmovision dans laquelle le groupe pèse plus que les individus, et la préservation de l’environnement plus que l’accumulation de biens matériels et de confort. Par leur simple existence, ces peuples questionnent les logiques hégémoniques à l’œuvre dans nos sociétés individualistes et consuméristes.

Alors qu’on peut avoir l’impression parfois que les centres de décisions politiques sont hors de portée des simples mortels, le fait qu’une population autochtone se soulève ainsi est déjà en soi une bonne nouvelle. Et quand en plus on constate que David parvient à faire plier Goliath, grâce au soutien de mobilisations citoyennes, cela redonne un peu d’espoir. Et il y en a bien besoin, puisque rien qu’en Amazonie, plus de 250 projets de barrages sont en cours actuellement…

Une petite victoire de l’Amazonie contre les logiques extractivistes
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